La collaboration durable dans le secteur de la fabrication des produits alimentaires et des boissons
Rachael Satchwell, responsable mondiale de l'industrie alimentaire chez Domino Printing Sciences, souligne l'importance d'une approche collaborative pour accélérer les progrès et inspirer l'innovation pour un avenir meilleur.

Les problèmes de durabilité auxquels sont confrontés les marques et les fabricants de produits alimentaires et de boissons sont multiples et interconnectés. Ils touchent l’ensemble des chaînes logistiques agroalimentaires mondiales, depuis l’approvisionnement et l’origine des matières premières et les choix d’emballage jusqu’à la logistique en aval et l’élimination des déchets.
Il est peu probable que l’on puisse progresser dans la résolution de ces problèmes en s’y attaquant de manière isolée. Les marques de produits alimentaires et de boissons doivent plutôt chercher l’inspiration et l’innovation au-delà de leur organisation. En collaborant avec les fournisseurs d’équipements, les partenaires de la chaîne logistique, les distributeurs et même avec des marques concurrentes, les entreprises peuvent se fixer des objectifs de durabilité communs, rassembler leurs ressources et avoir un impact bien plus important que si elles agissaient seules.
Conception durable
Le développement d’une économie circulaire est essentiel à la durabilité mondiale. Cela signifie qu’il faut adopter un modèle de production et de consommation d’aliments et de boissons qui vise à réduire les déchets tout en conservant les ressources en usage. Cela implique de veiller à ce que les matières premières soient obtenues de manière responsable et de choisir et concevoir des emballages de produits qui offrent une protection adéquate pour éviter le gaspillage alimentaire tout en aidant les marques, les distributeurs et les consommateurs à recycler les produits en fin de vie.
Les fabricants peuvent même envisager d’incorporer des matières premières respectueuses de l’environnement, éthiques et alternatives (par exemple, à base de plantes) dans la conception et la production des produits. Ils peuvent également chercher à améliorer l’efficacité énergétique des produits afin de réduire les coûts et les déchets au cours de la production et concevoir l’emballage du produit pour qu’il soit réutilisé et recyclé.
Le choix des matériaux d’emballage s’appuiera sur de multiples critères, notamment la facilité de recyclage, de réutilisation ou de compostage, le poids total de l’emballage et la consommation d’énergie et d’eau. Par exemple, si une bouteille en verre peut sembler la solution la plus « durable » pour les boissons en raison de sa facilité de recyclage, l’augmentation globale du poids du produit par rapport au PET peut facilement entraîner une hausse des émissions de carbone dues au transport, si la logistique repose toujours sur l’énergie à base de carbone.
C’est précisément en raison de cette complexité et de cette interdépendance que toute modification des produits doit être envisagée en tenant compte des effets secondaires potentiels qu’elle pourrait avoir. Il faut s’assurer que les produits peuvent encore être gérés efficacement sur les lignes de production, notamment en ce qui concerne la manutention, l’emballage ou le codage et le marquage, et que les modifications n’aient pas d’impact négatif sur la durabilité plus en aval.
S’adresser à d’autres entreprises, et même à des marques concurrentes, au sujet d’éventuelles possibilités de conception et de développement peut sembler contre-intuitif d’un point de vue commercial, mais en travaillant ensemble, les marques peuvent mettre en commun leurs ressources, exercer une influence en amont et en aval de la chaîne logistique et veiller à ce que tous les nouveaux projets soient complémentaires plutôt qu’antagoniques sur l’ensemble du marché.
Il est également essentiel de collaborer avec les fournisseurs et les autres entreprises de la chaîne logistique au sens large. Le défi est bien trop grand pour qu’une seule organisation puisse le relever. Les entreprises individuelles peuvent donc proposer des changements, par exemple dans la conception de l’emballage des produits, mais ils risquent d’avoir des effets négatifs imprévus si les installations de recyclage des matériaux ne peuvent pas les traiter de manière adéquate. La collaboration avec d’autres partenaires de confiance au sein de la chaîne logistique au sens large peut aider à développer des solutions véritablement durables tout en évitant les écueils potentiels.
Minimiser les pertes de production
Le programme d’action britannique « Waste and Resource Action Programme » estime que 16 % du gaspillage alimentaire se produisent au cours du processus de fabrication, l’erreur humaine et les inefficacités de la ligne de production, y compris les changements manuels de produits, étant les principaux responsables de ces pertes.
Lorsqu’une erreur humaine entraîne des problèmes pendant le processus de production, dans le meilleur des cas, les produits devront être reconditionnés ; dans le pire des cas, les produits hautement périssables, tels que les produits laitiers, deviendront des déchets alimentaires.
Les fabricants de produits alimentaires et de boissons devraient collaborer étroitement avec leurs fournisseurs de machines pour identifier les domaines où l’on pourrait réduire les déchets et mettre en œuvre des solutions pour veiller à ce que l’énergie, le temps et les fonds soient consacrés à la création du plus grand nombre possible de produits vendables de haute qualité. Après tout, une efficacité accrue équivaut à une meilleure durabilité.
L’automatisation, l’intégration des machines et le contrôle qualité par vision sont des stratégies clés pour identifier et résoudre les problèmes liés à l’erreur humaine et au traitement manuel et, par extension, pour réduire le gaspillage.
Enfin, les fabricants peuvent réduire les déchets de production en mettant en œuvre des solutions de surveillance des performances des machines en temps réel. Les capteurs et les solutions basées sur le Cloud peuvent être personnalisés pour détecter les baisses de performance et envoyer des alertes qui facilitent une intervention rapide avant qu’une ligne ne s’arrête ou avant que la dégradation des emballages ne rende les produits impropres à la distribution, à la vente ou à la consommation.
Durabilité au sein des chaînes logistiques
Une fabrication respectueuse de l’environnement ne s’arrête pas à la production. L’optimisation de la chaîne logistique est fondamentale pour une fabrication durable. Pour ce faire, les marques doivent chercher à collaborer avec les partenaires de la chaîne logistique en amont et en aval et mettre en place des systèmes pour accroître la transparence et partager davantage de données.
Pendant les périodes de forte demande ou en cas de pénuries de stock et de retards, une meilleure visibilité aidera les industriels à prévoir avec précision les délais de livraison et les besoins en stocks, mais aussi à gérer les attentes des clients.
Inclure des données variables, comme les numéros de lots et les informations sur les produits en les intégrant dans des codes 2D à scanner, améliore la visibilité au sein des chaînes logistiques. Une meilleure visibilité permet de contrôler les stocks de manière plus précise. Les sources d’erreurs ou les fuites sont plus faciles à localiser, ce qui permet aux marques d’optimiser leurs opérations, d’améliorer leur résilience et de réduire le risque de gaspillage alimentaire.
Le partage des données sera essentiel pour se conformer à des réglementations telles que la Directive relative à la publication d’informations en matière de durabilité par les entreprises (CSRD), qui exige des fabricants qu’ils suivent et communiquent leur empreinte carbone complète, y compris les émissions de carbone de Scope 3. L’importance de la collaboration dans le respect des normes industrielles et le développement de solutions durables sur le plan de l’environnement n’en devient que plus évidente.
Conclusion
La voie vers un avenir plus durable et respectueux de l’environnement pour la production d’aliments et de boissons nécessitera un engagement et une coopération au niveau mondial.
Pour les fabricants, l’approche idéale consistera à collaborer avec des organisations partageant les mêmes idées et à établir des partenariats avec des fournisseurs qui peuvent aider à mettre en œuvre des pratiques durables à chaque étape du processus de production et de la chaîne logistique.
Cette approche holistique sera non seulement bénéfique pour l’environnement, mais elle aidera également les marques à réduire leurs coûts, à améliorer la satisfaction de leurs clients et à renforcer leur réputation.
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